Fiches santé : les maladies les plus courantes du chat

Bobetpaulo chat malade

LE FIV (ou sida du chat) et LE FELV (leucose féline)

 

Sida et leucose sont 2 maladies qui ne touchent que les chats.

Le FIV (virus d'immunodéficience féline), également appelé communément le sida du chat, se contracte par morsures profondes au moment de bagarres ou de la reproduction. Un chat sociable avec ses congénères et castré a peu de chances de le transmettre.
Cette maladie est très répandue dans les colonies de chats errants non castrés, ou les bagarres violentes font partie du lot quotidien pour protégérer son territoire, et conquérir les femelles en chaleur... Par ailleurs, lors de la reproduction, le mâle peut mordre violemment la femelle et ainsi lui transmettre le virus.

Le risque de transmission au foetus semble nulle, en revanche, la transmission du virus au chatons par le lait de la mère présente un risque.
Dans tous les cas, il est inutile de tester un chaton de moins de 5 mois dont la mère est séropositive, car ce sont les anticorps de la mère qui risquent de réagir au test (ainsi un chaton testé à 3 mois peut revenir positif au FIV tout en étant négatif).

Un chat qui a contracté le FIV peut être porteur de la maladie pendant de très longues années sans le développer. Il arrive même qu'un chat FIV ne la déclare jamais. Cependant, comme pour la séropositivité humaine, il peut être plus fragile aux maladies, c'est pourquoi, même s'il n'existe pas de vaccin contre le FIV, il est vivement recommandé de tenir les vaccins du chat à jour et de lui proposer une nourriture saine et équilibrée afin de le protéger et de lui éviter tout souci de santé.

 

Le FELV (virus leucémogène félin), également appelé la leucose, se contracte par tous les fluides corporelles, donc par voie sexuelle, morsures profondes, mais aussi par l'urine et la salive lors de léchages. Il faut cependant savoir que le virus ne vit pas plus de quelques minutes dans l'air, donc un chat qui partagera la même litière et les mêmes gamelles qu'un FELV+ peut ne jamais être confronté à la maladie. Cependant, il serait très risqué de faire vivre ensemble un positif et un négatif à la leucose, sans avoir pris la précaution de les vacciner. Le vaccin de la leucose est un vaccin très efficace (même si, comme tout vaccin, il ne peut être efficace à 100%).

Un chat qui a contracté le FELV vivra bien tant que la maladie n'est pas déclarée, mais dépassera rarement les 3-4 ans d'espérance de vie…
Cette maladie semble plus rare dans les communautés de chats errants.

Comment savoir si un chat est FIV+ ou FELV+ ?

Ils peuvent être mis en évidence de 2 façons, soit par un test rapide (test Elisa) en 15 mn chez le vétérinaire, soit par analyses en laboratoire (par PCR, environ une semaine d'attente). Le dernier est plus coûteux, mais également plus fiable.

Attention, un chat ayant été mis en contact avec le virus ne devrait pas être testé trop vite et ce pour 2 raisons :
- Une fois le virus dans le corps du chat, le système immunitaire du chat cherche à s'en débarrasser, ce qui peut mettre en évidence la présence d'anti-corps. Cependant, le chat EST CAPABLE D'ELIMINER LE VIRUS dans le premier stade de la contamination.
Il convient donc, si le test a été effectué tôt, de retester le chat plusieurs semaines après le 1er test, car il peut être faussement positif.
- Si le chat vient d'être en contact avec le virus, il est également possible que le virus n'ait pas encore été intégré par l'organisme du chat. Pendant ce stade, le chat pourra être testé faussement négatif.

Dans tous les cas, attendre un bon mois avant le 1er test semble être un délai raisonnable. Dans le cas où le chat est testé positif, un 2e test s'impose environ 3 mois après le 1er afin d'infirmer ou confirmer le premier. Il est d'ailleurs conseillé de tester par test fait en laboratoire (Elisa ou PCR) la 2e fois afin d'avoir plus de certitude sur le résultat.


 
Que faire quand un FIV+ ou FELV+ est malade ?

Comme tout chat malade, il doit être soigné pour ses symptômes, et peut guérir aussi bien qu'un autre.

Un chat FIV+ ou FELV+ devra être suivi par un vétérinaire compétent. Méfiez-vous des vétérinaires pour lesquels ces maladies sont des fins en soi. Un chat FIV ou FELV malade ne l'est pas forcément A CAUSE du FIV ou du FELV !

Exemple : les gingivo-stomatites, souvent imputées au FIV, peuvent apparaître sur n'importe quel chat. Le plus souvent liés à des formes bucales du calcivirus, ces maladies touchent généralement les chats qui ont vécu dehors ou en grandes communauté. Mais elles ne sont pas forcément lies au FIV.
Par ailleurs, un abcès, une cardiomyopathie, une maladie rénale ou hépatique doivent être soignée de la même manière quel que soit le statut du chat. Sa réponse au traitement n'est pas liée au statut du chat.

Il faut bien sûr tenir compte du fait que sa séropositivité le rend plus fragile et que ses défenses immunitaires sont plus fragiles. Si le chat a besoin d'antibios, il peut être nécessaire de prolonger le traitement un peu plus que pour un négatif.

Il faudra également utiliser la cortisone avec parcimonie voire l'éviter tout court tant que c'est possible, car elle a la capacité de détruire les défenses immunitaires, ce qui peut rendre les choses bien compliquées sur un chat qui a des problèmes d'immunité et aura du mal à les reconstruire.

Par ailleurs, il existe des médicaments qui boostent le système immunitaire, tels que les interférons. Ce traitement existe sous forme humaine et féline. Nous ne sommes pas en mesure d'affirmer que la forme féline est réellement plus efficace que la forme humaine, les avis semblant partagés. En revanche, la forme féline est clairement plus coûteuse.

 

Et quand sa maladie se déclare ?

Seul une numération sanguine peut le démontrer. Un chat positif qui tombe malade n'est pas forcément déclaré, quoi qu'en dise votre vétérinaire ! Ca ne se lit pas dans les yeux du chat ni dans un test snap fait en 15 mn !
Ces maladies sont encore mal connues du monde médical pour lequel la solution reste trop souvent l'euthanasie systématique. Soyez exigents ! Demandez à vérifier les globules blancs du chat s'il y a un doute, voire les globules rouges également, car l'anémie est fréquente, surtout chez les chats leucosiques. Quels que soient les résultats, faites soigner les symptômes, ne vous laissez pas impressionner par les propos alarmistes et défaitistes de certains vétérinaires.

Exemple : En 2009, Filou, 3 ans, FIV+.

> Symptômes : anémié, hypersalivation, baisse d'appétit, forte fièvre, prise d'eau et urines augmentées.
--> Un 1er vétérinaire le teste FIV/FELV : Il revient FIV+. Le vétérinaire m'annonce que Filou est condamné, il a le sida et est en train de mourir.
--> Un 2e vétérinaire consulté en 2e recours,  fait des analyses sanguines : Filou a un diabète lié à une infection de pancréas, il est anémié et ses globules blancs sont hauts. Il a également une gingivite. Filou a été mis sous antibiotiques pendant 3-4 semaines, perfusion pendant une semaine, a dû être mis sous insuline et nourriture spéciale pendant 3 mois. Après nouvelles analyses, Filou a guéri totalement de sa pancréatite ainsi que de son diabète. Quelques mois plus tard, nous lui avons fait soigner la bouche par un spécialiste en dentisterie et il a vécu sans autre souci pendant 2 ans.

Exemple 2 : Toujours Filou, en 2011, 5 ans, toujours FIV+.

> Symptômes : pertes de sang importantes dans les selles, refus de s'alimenter, fièvre, hypersalivation. Analyses (numération et bilan) : urée importante, anémie, globules blancs augmentés.
Filou a été perfusé, soigné pour sa colite par antibiotiques et pansement gastrique. Malgré cela, après 8 jours, il refuse toujours de s'alimenter et s'affaiblit.
--> Un vétérinaire me recommande de cesser de m'acharner et de l'euthanasier : ses reins ne fonctionnent vraisemblablement plus, l'urée l'empoisonne et son FIV a eu raison de lui.
--> Un 2e vétérinaire accepte de réitérer les analyses : l'urée et la créatinine sont normales (ce ne sont donc pas ses reins qui ne fonctionnent pas), les globules blancs sont encore haut (on poursuit les antibios) mais l'anémie est plus que sévère et menace sa vie. Une transfusion sanguine (de chat à chat) est pratiquée d'urgence. 2 heures après la transfusion, Filou remange ! C'est la perte de sang dans les selles (liée à un ulcère intestinal) qui aurait provoqué ce problème (probablement augmenté par son insuffisance rénale).

6 mois plus tard : Filou va bien, mange, a repris un kilo, ses problèmes rénaux sont toujours un problème et nécessitent un suivi et un traitement, mais sa qualité de vie reste excellente. L'anémie, légère, est stabilisée. Elle est donc liée à son insuffisance rénale et n'a rien à voir avec son statut de chat séropositif.

 

Si la leucose et le sida sont déclarés, le chat est malheureusement condamné dans les mois qui suivent. L'utilisation des interférons peut l'aider à faire remonter ses globules blancs pour le prolonger dans de bonnes conditions. Une couverture antibio permanente est nécessaire pour éloigner les maladies opportunistes. Quand le chat est réellement et clairement en fin de vie, seul un traitement palliatif peut le soulager efficacement.

En ce qui concerne l'euthanasie, arrivé à ce stade, vous êtes le mieux placé pour savoir à quel moment votre chat n'en peut plus. NE LAISSEZ PERSONNE PRENDRE CETTE DECISION A VOTRE PLACE.
Mon avis personnel est que tant que le chat a envie de se battre, nous ne pouvons pas baisser les bras avant lui.
Donnez les meilleures chances à votre chat tant que c'est possible. Quand l'animal est épuisé et a fortiori s'il souffre, il faut aussi savoir l'accompagner vers la fin, dans la douceur...

 

 

LA PIF (Péritonite Infectieuse Féline)

La PIF ou péritonite infectieuse féline est une maladie virale mortelle chez le chat. Celui-ci l’attrape à partir d’un autre chat ; le virus est très contagieuxet subsiste dans le milieu extérieur pendant six semaines, mais il est rapidement détruit par les désinfectants usuels (eau de Javel…).

C’est un virus fréquemment rencontré dans les collectivités, refuges ou élevages. Le chat peut héberger le virus plusieurs années sans déclarer de symptôme. C’est généralement à l’occasion d’un stress (nouveau maître, déménagement, chirurgie…) que la maladie va apparaître, conduisant inexorablement vers la mort.

Elle se traduit par une fièvre élevée (supérieure à 40 °C), récurrente sur plusieurs jours voire plusieurs semaines. Puis le chat présente de l’amaigrissement avec parfois un épanchement abdominal (ascite) ou thoracique. Dans le premier cas, le chat est maigre avec un gros ventre et dans le deuxième cas il a du mal à respirer (ses mouvements respiratoires deviennent amples).

LE CORYZA

 

Le coryza du chat est une maladie complexe, car elle n'est pas due à un seul microbe, mais à l'association de plusieurs virus et de bactéries. 

Trois virus sont impliqués dans le coryza et provoquent chacun des symptômes différents :

  1. Un virus de la famille des « Herpes virus » responsable d'une infection du nez et des voies respiratoires. Les symptômes sont : toux, éternuements, importants écoulements au niveau des yeux et du nez, conjonctivite et faiblesse de l'état général (perte d'appétit et fièvre). C'est le virus le plus dangereux. Il peut être mortel chez des animaux affaiblis si l'on ne met pas en place un traitement rapide.
  2. Un Calicivirus provoquant lui aussi de la fièvre et de l'abattement, des écoulements oculo-nasaux et surtout des ulcères dans la bouche (plaques rouges très nettes sur la langue ou les gencives). Ces plaies dans la bouche sont douloureuses et provoquent salivation importante et perte d'appétit.
  3. Un Réovirus bénin qui provoque quelques larmoiements.

A ces atteintes virales il faut ajouter les bactéries qui très souvent se surajoutent et provoquent des complications chez les chats déjà affaiblis. Le chat présente alors du pus dans les yeux et le nez.

 

Les principaux symptômes

Cette maladie touche en priorité les animaux vivant en communauté (chatterie, refuge, « famille nombreuse », chats semi-sauvages), les chatons et les adultes non vaccinés.
Après une incubation courte (2 à 5 jours), les signes respiratoires (toux, éternuements), les écoulements des yeux et du nez, la perte d'appétit et parfois les tâches rouges dans la bouche apparaissent, de manière plus ou moins importante selon les animaux.

Si plusieurs chats présentent les mêmes symptômes au même moment, il est fort probable qu'il s'agit du coryza qui est une maladie très contagieuse. La contagion s'effectue, (comme pour la grippe chez l'homme), sans contact direct, par les éternuements ou quand les chats se soufflent dessus.

La maladie non traitée peut évoluer vers une guérison naturelle chez certains animaux résistants. Mais attention elle peut quelquefois se compliquer d'une nécrose des os du nez, avec infection généralisée, et finir par la mort de l'animal si celui-ci est déjà affaibli et refuse de s'alimenter.

Un chat guéri du coryza peut rester porteur de longues années, et être à nouveau contagieux à la suite d'évènements tels qu'un stress, une mise-bas ou une autre maladie.
 

Le traitement et la prévention

Le traitement du coryza passe en général par l'administration d'antibiotiques (en comprimés, en gouttes ou en injections si nécessaire), pour éviter les complications bactériennes. Une aérosolothérapie peut également donner de bons résultats, si le chat se montre coopératif, car il s'agit de lui faire des sortes d'inhalations plusieurs fois par jour pendant 15 minutes !

Des traitements complémentaires à base de L-Lysine, un acide aminé intervenant dans l'immunité anti-virale sont également parfois entrepris.

Enfin, des antiviraux (interférons) sont parfois nécessaires dans les cas les plus graves récidivant fréquemment, mais ces traitements sont particulièrement coûteux. 
Pour les cas graves, une hospitalisation est parfois indispensable, afin de réhydrater le chat et de lui administrer une alimentation liquide par sonde.

La meilleure manière de combattre le coryza félin est la vaccination. Le vaccin contre le coryza est actif à la fois contre les Calicivirus, et contre la rhinotrachéite, et l'on y associe de plus en plus souvent un vaccin contre les Chlamydias, bactéries à l'origine de complications. La vaccination se fait en deux injections à un mois d'intervalle, avec un rappel tous les ans.

LE TYPHUS (Panleucopénie féline)

Le typhus est une maladie virale très contagieuse entre chats qui se traduit par un profond abattement et une gastroentérite à l'odeur caractéristique. Elle est mortelle pour les chatons non traités suffisamment tôt.

Engendré par un parvovirus (FPV) que l'on retrouve dans les excréments et autres sécrétions du chat et qui se transmet aussi par les puces, c'est un véritable fléau dans les chatteries des refuges et dans les élevages de chats.

Les animaux fortement atteints seront hospitalisés, perfusés et traités aux antibiotiques et antispasmodiques. Hélas le traitement ne fonctionne pas toujours et l'on estime entre 10 et 50% seulement les chances de survie d'un chat atteint du typhus.

La durée de vie de ce virus dans le milieu (cages, couvertures...) est de 3 mois environ. Il est tué par l'eau de javel, on conseille donc en cas d'épidémie de bien traiter les locaux et de faire un vide sanitaire prolongé (pas d'animaux pendant au moins trois mois).

Afin d'éviter qu'il ne soit contaminé par le typhus, pensez à bien faire vacciner votre chat et à effectuer les rappels tous les ans car une baisse de l'immunité favorise la transmission du virus entre chats.

 

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